Chronique et perles passagères

Bonjour à toutes et tous,

Je publie régulièrement des anecdotes de ma vie d’épicière sur les réseaux sociaux. Il se trouve que tout le monde n’y perd pas son temps, et à raison. Je vais, de temps à autre, partager quelques unes de ces perles qui jaillissent des dialogues de ma vie quotidienne sur le site de l’épicerie, afin de vous éviter ce mal du siècle qu’est le Meta-monde. Il m’est aussi venu l’envie d’écrire quelques chroniques, nées de mes observations.

Noces de carton

PERLES DU QUOTIDIEN

– Bonjour, j’aimerais six œufs de poules heureuses. Attendez, j’ai la boîte…
– Oh, mais c’est une boîte messagère d’amour !
– J’en prends grand soin. C’était un petit mot de mon mari… j’aime les œufs à la coque le matin, et il allait au marché me les chercher. Il n’est malheureusement plus là, mais je pense à lui à chaque fois que je vais acheter des œufs de ferme. Ça ne remplace pas, mais ça fait chaud au cœur. C’est un peu nos noces de carton.


Elle rit. C’est joli.


Une souris ou une montagne

CHRONIQUE D’EPICIERE

Des pots et des conserves, j’en connais un rayon. Je passe mes journées à les agencer, les commander, les conseiller. Savoureux confits d’oignons, chocolat à tartiner des plus régressif ou le saint Graal : les anchois, l’éventail est vaste. Il n’en reste pas moins que ce sont les idées reçues sur l’Autre, qui semblent se conserver le plus hermétiquement dans des bocaux.

Une pensée métisse ou un drapeau planté en terra incognita, le temps d’un apprentissage de vie, et la définition de votre identité n’en finit pas de bouleverser ceux qui supposent savoir qui vous devriez être. « Ça ne doit pas être facile tous les jours, de vivre à 1700 m d’altitude, loin du monde. » Tout dépend de l’endroit que l’on désigne comme étant le centre du monde, ma bonne dame ! Rien n’est facile pour personne, nulle part. Quel que soit l’endroit où l’on se rend, c’est toujours là qu’on se trouve soi-même, après tout. Et si par expérience, l’on esquisse une réponse, sur son origine pour prendre l’exemple le plus prosaïque, elle ne sera pas forcément recevable dans son intention réelle pour chaque interlocuteur, car tout se redéfinit constamment selon point de vue à lui, à elle, ou à iel. « Et vous venez d’ici ? » À réponse identique « Je suis d’Evolène », deux interprétations se dessinent : « Mais Evolène, ça n’est pas du tout La Sage. » et « Ah, mais comme vous êtes, vous ! La Sage et Evolène, c’est la même chose ! ». Juste une question de référence qui fait de six kilomètre une souris ou une montagne. Alors que je n’avais pour ma part émis aucune autre intention que de répondre de mon origine. La provenance de mon partenaire de ping-pong verbal n’est pas même pas spécialement déterminante. Seule son ouverture d’esprit l’est. Étonnamment, l’autre n’est pas toujours l’Autre, et inversement. Un exemple qui devient exponentiel, dès que l’on creuse la distance, réelle parfois, imaginaire le plus souvent.

Le mieux, finalement, c’est d’observer qu’un individu n’est pas une denrée qui se range dans un bocal bien étiqueté. Une personne s’apparente davantage à un plat, apprêté avec les différents ingrédients prélevés savamment dans chacun des pots qui constituent la palette de ses identités. Si le sel est commun à tant de recettes, il n’en détermine pas la saveur, il la montre ou l’efface, tout au plus. Seule la curiosité de goûter à la différence permet d’en juger.

Et il se trouve que ce monde compte un nombre important de bocaux à cornichons.


Le Laboureur de Bohême à La Sage

Vincent Fontannaz, Le Laboureur

Ce n’est pas parce que l’on parle de la fin des choses, qu’on ne peut entrevoir leur lueur.

J’ai vraiment hâte de vous présenter le spectacle du Laboureur de Bohême les 25 et 26 mars prochains à la Chapelle Saint Christophe, par la Cie Heureuse ! Je limite l’accueil à 35 personnes par représentation, afin de conserver le caractère intimiste de ce profond dialogue. Je vous invite donc à réserver votre place, en m’écrivant à contact@epiceriedelasage.ch ou passant faire vos courses à l’épicerie.

Je suis très reconnaissante à la Paroisse d’Evolène pour la confiance qu’elle m’accorde en me laissant ouvrir la porte des chapelles de La Sage à des moments de rencontres plus laïcs. Je me réjouis que le texte que nous découvrirons soit quasi contemporain à l’édification de la chapelle elle-même. Un heureux concours de circonstance, ou une évidence. À choix.

Détails sur l’Équinoxe de printemps


Je vous souhaite une agréable semaine,

Votre épicière, Marlène

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